Brisons la paroi de verre et valorisons la reconversion professionnelle

Constat

Les femmes ne représentent que 27,5%1 des emplois du numérique malgré les nombreuses initiatives pour faire évoluer ce chiffre depuis une dizaine d’années. Il est en baisse2 à l’heure où les métiers du numérique portent l’économie d’aujourd’hui et de demain.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que 50% des femmes sont toujours concentrées dans 10 des 86 familles de métiers recensées3, métiers qui seront les premiers concernés par l’automatisation4.

Cela implique une perte de compétitivité et une déqualification des femmes sur le marché du travail.

Les femmes ne sont pas suffisamment incitées à investir les métiers du numérique pour des raisons systémiques, culturelles et historiques qui font perdurer des représentations stéréotypées des métiers. Si des actions se multiplient pour faire connaître aux filles et au grand public la richesse des métiers du numérique, le sujet de la mobilité des femmes actives en reconversion vers ces métiers qui recrutent est peu présent dans les politiques publiques et pas assez développé et généralisé dans les politiques d’entreprise.

Et pourtant, la présence des femmes est stratégique tant au niveau de l’impact économique que de la compétitivité des entreprises et de l’innovation. La présence accrue des femmes dans le numérique pourrait augmenter de 9 milliards le PIB de l’Union Européenne chaque année5.

60% des femmes en France sont diplômées du supérieur6, néanmoins leur diplôme ne les protège pas de l’exclusion du secteur du numérique. Pourquoi ? Parce que les pratiques et les critères de recrutement n’ont pas suffisamment évolué face à la pénurie de compétences. Les entreprises françaises tirent peu parti de l’enthousiasme des femmes à construire leur avenir dans le numérique en raison d’une croyance fondée sur l’importance du niveau de diplôme initial. Il n’en est rien, en témoignent les milliers de reconversions réussies issues des formations continues aux métiers techniques, regroupées sous des labels qui en assurent la qualité tels que Paris Code, Grande École du Numérique, etc.


Vouloir plus de femmes n’est pas suffisant, il est aujourd’hui nécessaire de changer de paradigme et de perception en matière de recrutement interne et externe pour agir plus efficacement.

L’enjeu est double : accroître la présence des femmes dans les métiers du numérique et permettre à celles qui ont pris le virage de s’y intégrer.

Nous entreprises signataires, conscientes des enjeux d’égalité et de compétitivité que revêt l’accès des femmes actives aux métiers numériques, nous nous engageons à mettre en œuvre au moins 3 des engagements ci-dessous et à communiquer le nombre de femmes en reconversion vers les métiers du numérique, recrutées en externe ou en interne, à chaque fin d’année sur une plateforme dédiée.

Les engagements pour assurer l’accès des femmes actives aux métiers du numérique :

  1. Nous nous engageons à élargir nos critères de recrutement – notamment pour les métiers dits techniques – pour prendre en compte le potentiel, les compétences transverses, la posture et l’ensemble du parcours de formation qu’il soit initial ou continu, car nous sommes convaincues que les compétences techniques peuvent s’acquérir tout au long de la vie.

  2. Nous nous engageons à valoriser tous types de parcours professionnels dans nos processus de recrutement car ils apportent richesse et expérience à nos organisations.

  3. Nous nous engageons à recruter des profils de tout âge car ce qui compte véritablement pour nous, ce sont la motivation, l’appétence, la capacité d’adaptation et d’apprentissage.

  4. Nous nous engageons à mettre en place des actions et des dispositifs d’accompagnement pour assurer l’accueil et l’intégration des talents en reconversion vers le numérique au sein de l’entreprise car ils accroissent les chances de réussite.

  5. Nous nous engageons à accompagner la mobilité interne en mettant en place les ressources et les actions de formation nécessaires pour assurer des parcours individuels d’évolution interne à succès.  

  6. Nous nous engageons à former nos salarié.e.s aux pratiques favorisant l’inclusion et l’égalité Femmes/Hommes, condition nécessaire pour faire évoluer nos modes de pensées et de collaboration.



1. Etude Syntec Numérique 2018 https://syntec-numerique.fr/conseil-rh/chiffres-rh/chiffres-secteur-logiciels-services-2eme-semestre-2018
2. “Taux de féminisation de 33% dans le secteur du numérique” Etude Syntec numérique – Attractivité des métiers du numérique et de l’ingénierie pour les publics féminins en France – Février 2016
3. Guide CIDJ, Ces secteurs qui recrutent, édition 2018. Etude Dares
4. Etude PwC, février 2018 https://www.pwc.fr/fr/publications/innovation/ia-robotique-automatisation-quels-impacts-sur-metiers.html
5. Etude Commission européenne, 2013
6. https://publication.enseignementsup-recherche.gouv.fr/eesr/7/EESR7_ES_24-la_parite_dans_l_enseignement_superieur.php